Santé des enfants

Comment différencier un rhume d’une allergie chez l’enfant ?

Par Maxime
5 minutes

Reconnaître les différences : rhume ou allergie ?


Lorsque les beaux jours arrivent ou qu'une vague de froid s'installe, de nombreux enfants présentent des symptômes similaires : nez qui coule, éternuements, toux ou même fatigue. Il devient alors vite difficile, pour les parents comme pour les éducateurs, de distinguer s’il s’agit d’un simple rhume ou d’une réaction allergique. Pourtant, les causes comme les traitements diffèrent nettement, et bien différencier ces deux situations est essentiel pour assurer le bien-être de l’enfant et adapter l’environnement familial.


Comprendre le rhume et l’allergie : deux origines bien distinctes


Le rhume est une infection virale bénigne, le plus souvent causée par des rhinovirus. Il peut survenir à tout moment de l’année, mais il est beaucoup plus fréquent en automne et en hiver. L’enfant contracte le virus en étant en contact direct avec une personne malade ou des objets contaminés.


L’allergie respiratoire, elle, est due à une réaction excessive du système immunitaire face à des substances normalement inoffensives : pollens, acariens, poils d’animaux… Elle est indépendante des contacts viraux et peut se révéler à tout âge.


Les symptômes : similitudes et différences


Certains signes prêtent à confusion. Voici comment mieux s’y retrouver :


Les points communs

  • Le nez qui coule ou nez bouché
  • Les éternuements
  • La toux
  • Parfois une sensation de fatigue

Les signes typiques du rhume

  • Fièvre légère ou modérée (fréquente, surtout chez le petit enfant)
  • Écoulement du nez généralement épais et « jaune/vert » au fil des jours
  • Toux grasse ou productive
  • Évolution spontanée vers la guérison en 7 à 10 jours
  • Maux de gorge en début d’infection
  • Douleurs musculaires ou malaise
  • Début progressif après exposition à une personne malade

Les indices d’une allergie

  • Écoulement nasal clair et liquide, en permanence ou par crises
  • Eternuements en salves (plus de 5 à 10 d’affilée)
  • Démangeaisons du nez, du palais, des yeux
  • Yeux rouges, larmoyants, avec parfois des paupières gonflées
  • Pas de fièvre (ou exceptionnellement au contact d’un allergène irritant)
  • Aggravation des symptômes dans certains lieux ou circonstances (ex : au contact des animaux, dans la chambre, lors de la tonte de pelouse, en période de pollens…)
  • Symptômes persistants ou récurrents dans le temps

Durée et évolution : des rythmes différents


Le rhume « classique » a une durée limitée. Les premiers symptômes (mal de gorge, nez qui coule) apparaissent 2 à 3 jours après la contamination, puis évoluent progressivement. En une semaine environ, la plupart des enfants retrouvent leur vitalité et le nez cesse de couler.


L’allergie peut s’installer sur plusieurs semaines voire des mois : l’enfant semble toujours encombré tant qu’il reste exposé à l’allergène : pollens au printemps, acariens toute l’année, poils d’animaux… Parfois, les parents remarquent que les symptômes « disparaissent » dès que l’enfant change de pièce ou, pendant les vacances, s’éloigne de la maison.


Tableau comparatif : rhume vs allergie chez l’enfant


  • Déclenchement : Rhume – brusque après contact / Allergie – en présence de l’allergène
  • Fièvre : Rhume – souvent présente / Allergie – rare
  • Durée : Rhume – 7 à 10 jours / Allergie – saisonnière ou persistante
  • Écoulement nasal : Rhume – épaissi, coloré puis clair / Allergie – toujours clair, liquide
  • Démangeaisons (yeux, gorge) : Rhume – rare / Allergie – fréquent
  • Autres symptômes : Toux grasse, gorge irritée pour le rhume / Yeux rouges, paupières gonflées pour l’allergie

Les circonstances : un indice précieux


Observer les contextes d’apparition et l’évolution des symptômes de votre enfant vous aidera à affiner le diagnostic :


  • Les symptômes qui débutent brutalement après une sortie à la campagne, le ménage de printemps ou la visite chez un ami avec un chat, font évoquer une allergie.
  • Si d’autres membres de la famille sont touchés en même temps, c’est plus souvent un virus.
  • Un enfant toujours enrhumé à la maison, mais jamais lors d’un séjour chez les grands-parents (ou inversement), possède probablement une sensibilité à une substance de son environnement quotidien.

Conséquences sur la vie scolaire et familiale


Un rhume de l’enfant, bien que gênant, entraîne rarement des complications sérieuses et tend à disparaître sans traitement autre que du repos et une bonne hydratation. En revanche, une allergie mal identifiée peut nuire à la qualité de vie sur la durée : mauvaise concentration à l’école, fatigue chronique, troubles du sommeil si le nez se bouche la nuit… Il n’est pas rare que l’entourage pense à un « enfant fragile », alors qu’il suffirait de supprimer ou d’atténuer la présence de l’allergène.


Dans certains cas, l’allergie non traitée peut aussi favoriser des complications respiratoires : asthme du nourrisson, rhinite chronique, otites à répétition…


Que faire ? Le réflexe utile pour bien réagir


Avant tout, il est important de ne pas donner de traitement sans avis médical si le doute persiste. Quelques pistes pour vous aider :


  • Pour un rhume : favorisez le mouchage doux, aérez les pièces, proposez régulièrement de l’eau. Lorsque la fièvre dépasse 38,5°C, surveillez son évolution et consultez si elle dure plus de 48 heures.
  • Pour une allergie : tenez un journal des circonstances (quand, où, comment les symptômes surviennent) et parlez-en au médecin. Un test cutané ou une prise de sang pourra être proposé pour confirmer le diagnostic.
  • Dans tous les cas : privilégiez toujours une température de chambre comprise entre 18 et 20°C, limitez les tapis, peluches et laissez entrer la lumière naturelle.
  • Attention aux traitements « maison » : les médicaments contre le rhume n’ont pas d’efficacité prouvée chez le jeune enfant, et les antihistaminiques ne sont pas toujours appropriés hors prescription.

Prévenir plutôt que guérir : astuces concrètes


En cas de risque d’allergie

  • Aérer la maison tôt le matin ou tard le soir (hors pics de pollens)
  • Éviter la moquette, les rideaux épais ou les peluches en trop grand nombre
  • Laver les draps fréquemment à 60°C et passer régulièrement l’aspirateur avec filtre HEPA
  • Limiter le contact avec les animaux si une allergie est évoquée
  • En période de pollinisation, rincer les cheveux de l’enfant avant le coucher pour éviter que les pollens ne s’accumulent sur l’oreiller

Pour limiter la propagation des virus du rhume

  • Apprendre aux enfants à bien se laver les mains
  • Utiliser des mouchoirs jetables à usage unique
  • Aérer régulièrement les pièces
  • Eviter, si possible, les contacts rapprochés avec des personnes malades (crèches, écoles, transports…)

Quand consulter sans délai ?


  • Si l’enfant présente des difficultés à respirer, une gêne excessive, ne s’alimente plus ou vomit de manière répétée
  • En cas de fièvre persistante plus de 3 jours malgré le traitement
  • Si les symptômes allergiques entraînent un gonflement du visage ou une toux sifflante (risque de crise d’asthme)
  • Si un doute persiste malgré l’observation attentive des symptômes

Au quotidien : impliquer toute la famille


En parler ouvertement aide à mieux comprendre son enfant. Impliquez-le dans la gestion de ses symptômes : montrez-lui comment se moucher efficacement, expliquez-lui l’importance de bien se laver les mains, ou de signaler toute gêne à l’école. Les frères et sœurs, les enseignants et les assistantes maternelles doivent être informés s’il y a un terrain allergique connu : ils pourront ainsi mieux adapter les activités (éviter le sport en extérieur lors des pics de pollens, supprimer certains coussins, etc.).


En résumé : l’observation, votre meilleur allié


  • Notez la durée, la fréquence et le contexte d’apparition des symptômes
  • Repérez si les signes s’accompagnent de fièvre
  • Observez la couleur de l’écoulement nasal
  • Interrogez-vous sur une éventuelle exposition à des animaux, pollens, ou lieux spécifiques
  • Gardez en tête que seul le médecin pourra poser un diagnostic précis, surtout si l’enfant cumule allergies et rhumes fréquents

Conclusion : entre vigilance et sérénité


Savoir différencier un rhume d’une allergie est parfois complexe, mais quelques repères clés permettent d’orienter les démarches. Si le rhume reste passager, l’allergie nécessite un suivi à long terme et certaines adaptations à la maison. Dans le doute, mieux vaut demander conseil à votre médecin, qui saura évaluer la situation de manière individualisée. Et n’hésitez pas à partager vos propres « trucs de parents » ou à lire l’expérience des autres familles sur familleheureuse.fr : échanger, c’est souvent déjà commencer à trouver des solutions !

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