Santé des enfants

Asthme chez l’enfant : comment repérer les crises et adapter son environnement

Par Maxime
6 minutes

Asthme de l’enfant : comprendre cette maladie respiratoire fréquente


L’asthme est aujourd’hui la maladie chronique la plus fréquente chez l’enfant en France : on estime qu’un enfant sur 10 en est concerné. Pour des milliers de familles, les questions se multiplient : comment reconnaître une crise ? Quels gestes adopter à la maison ? Comment limiter les risques et aider son enfant à vivre normalement ? Suivez notre guide pas-à-pas pour mieux appréhender l’asthme infantile et adapter votre environnement familial, avec pragmatisme et bienveillance.


Détecter l’asthme chez l’enfant : symptômes et signes d’alerte à surveiller


L’asthme se traduit par une inflammation des bronches, qui entraîne des difficultés à respirer, en particulier lors de certains épisodes appelés « crises ». Mais tous les enfants asthmatiques ne présentent pas le même tableau dès le plus jeune âge. Apprendre à repérer les signes précocement aide à agir vite et à limiter la gravité des crises.


  • Toux insistante : surtout la nuit, au réveil ou lors d’un effort (jeu, sport, rire), parfois sans autre symptôme associé. C’est souvent le premier signe chez l’enfant.
  • Sifflements (wheezing) : bruits de respiration sifflante, perceptibles surtout à l’expiration – un son de « flûte », parfois plus fort après un effort ou une infection.
  • Gêne respiratoire : impression de souffle court, l’enfant a du mal à finir ses phrases d’une seule traite, se plaint de « manquer d’air ».
  • Fatigue inhabituelle : liée à un mauvais sommeil ou à un essoufflement même modéré pendant l’activité physique.
  • Retraction thoracique : lors d’une crise, on voit parfois la peau se creuser entre les côtes à chaque inspiration, signe de détresse respiratoire à surveiller de près.

Chez le jeune enfant (moins de 3 ans), l’asthme s’exprime parfois surtout par des épisodes répétés de bronchiolites, ou une toux prolongée après des rhumes. N’hésitez pas à consulter en cas de doute ou de fréquence anormale des symptômes.


Déclencheurs courants des crises d’asthme : les connaître pour mieux les éviter


L’asthme de l’enfant évolue souvent par « crises », déclenchées par des facteurs appelés « exacerbants ». Les connaître permet d’anticiper et d’adapter l’environnement pour limiter la survenue ou l’intensité des épisodes. Il peut s’agir :


  • Infections virales : rhumes, grippe, angines, très fréquentes à l’école ou en collectivité.
  • Allergènes : acariens, pollens, poils d’animaux, moisissures, plumes. Un asthme d’origine allergique est très fréquent, surtout après l’âge de 6 ans.
  • Pollution intérieure et extérieure : fumée de cigarette, sprays, encens, pollution atmosphérique urbaine, gaz d’échappement.
  • Effort physique : surtout s’il est intense ou pratiqué dans l’air froid ou sec.
  • Facteurs climatiques : pics de pollution, atmosphère sèche ou polluée, changements brutaux de température.
  • Émotions fortes : stress, colère, rire exagéré peuvent aussi favoriser une crise chez certains profils.

Il est utile de noter dans un carnet (papier ou application) les circonstances des crises afin d’identifier plus facilement les facteurs favorisants chez votre propre enfant.


Que faire lors d’une crise d’asthme ? Réflexes essentiels pour les parents


Reconnaître l’urgence


Une crise d’asthme peut durer de quelques minutes à plusieurs heures. La gravité dépend de l’intensité des symptômes et de la rapidité de la prise en charge. Les signes devant alerter :


  • Difficulté importante à respirer : enfant penché en avant, tirant sur le cou, difficultés à parler ou à marcher
  • Sifflements audibles même sans stéthoscope
  • Coloration bleutée des lèvres ou du bout des doigts
  • Aucune amélioration après l’inhalation du bronchodilatateur

Dans ces situations, il faut appeler le 15 (Samu) immédiatement.


Gestes à réaliser lors d’une crise d’asthme « habituelle »


  1. Rassurer calmement l’enfant : évitez de paniquer, asseyez-le, aidez-le à se concentrer sur sa respiration.
  2. Faites-le inhaler le « ventoline » (bronchodilatateur), avec chambre d’inhalation adaptée à son âge. Respectez la dose indiquée par le médecin.
  3. Aérez la pièce, éliminez tout ce qui peut gêner la respiration (odeurs fortes, fumée, allergènes apparents).
  4. Surveillez l’amélioration : si les signes ne s’améliorent pas en 10–15 minutes ou s’aggravent, contactez rapidement le médecin ou les Urgences.

Mieux vaut agir tôt, même s’il ne s’agit « que » d’une toux : 9 situations sur 10, un soulagement rapide évite que la crise ne s’aggrave. Conservez toujours le traitement et la chambre d’inhalation dans un endroit connu, même à l’école ou chez les grands-parents.


Adapter la maison pour un enfant asthmatique : toutes les bonnes pratiques


L’environnement joue un rôle clé. Voici un tour d’horizon des gestes concrets pour limiter les déclencheurs à la maison :


1. Dormir dans un environnement sain


  • Supprimez le maximum de peluches, de tapis, de rideaux épais : privilégiez la déco facile à laver et aspirez régulièrement matelas, sommier, coussins.
  • Lavez draps et taies chaque semaine à 60 °C, utilisez des housses anti-acariens si l’asthme est d’origine allergique.
  • Évitez oreillers et couettes en plumes, préférez le synthétique ou les matériaux anti-allergènes.

2. Limiter la poussière et les allergènes dans la pièce de vie


  • Pensez à aérer 10–15 minutes matin et soir, même en hiver.
  • Nettoyez régulièrement toutes les surfaces, y compris les meubles hauts, sans utiliser de produits irritants (privilégier l’eau et micro-fibres, vinaigre blanc si besoin).
  • Bannissez les désodorisants, bougies parfumées, encens et sprays d’ambiance.

3. S’interroger sur les animaux domestiques


  • Si votre enfant y est allergique (prouvé par tests), évitez le contact prolongé ou privilégiez le brossage régulier, surtout avant de rentrer dans la chambre.
  • Lavez les mains et changez de vêtements après les jeux avec les animaux.

4. Banni la fumée


  • Ne fumez jamais dans la maison ni dans la voiture, surtout avec un enfant asthmatique. L’exposition passive aggrave les symptômes et augmente le risque de crises graves.

5. Adapter le quotidien lors des pics de pollution et au retour de l’extérieur


  • Consultez régulièrement les bulletins « pic de pollution » (météo, appli de la ville).
  • En cas de pollution importante, limitez les activités physiques extérieures pour votre enfant, aérez tôt le matin ou tard le soir.
  • Au retour d’une sortie, enlevez chaussures et vêtements portés dehors, surtout en période de pollens.

Informer, responsabiliser et rassurer l’enfant au quotidien


Accueillir l’asthme dans la famille, c’est aussi accompagner l’enfant dans la compréhension de son corps et de ses limites, tout en lui permettant de vivre pleinement. Impliquer l’enfant dès 6-7 ans dans la gestion de son traitement (avec l’aide d’un adulte), expliquer simplement les symptômes, apprendre à utiliser seul la chambre d’inhalation, reconnaître les situations à risque : tout cela favorise son autonomie et désamorce l’angoisse.


  • Mettez en place un « plan d’action personnalisé » (PAP), document à demander auprès du médecin traitant, à transmettre à l’école, à la nounou, au centre aéré.
  • Organisez la trousse d’urgence : toujours dans le sac d’école ou de sport, informer tout adulte référent.
  • Encouragez l’enfant à ne pas minimiser ses difficultés à respirer et à demander de l’aide dès les premiers symptômes, sans crainte d’être jugé.

La pratique du sport n’est pas interdite ! Le médecin adaptera les traitements avant effort, permettant à la plupart des enfants asthmatiques de mener une vie normale, y compris au sein de clubs ou d’activités extra-scolaires.


Harmoniser la vie familiale : astuces et bons réflexes pour tous


  • Adoptez des routines douces : gestes de ménage adaptés, aération quotidienne, lavage mains/visages après l’extérieur.
  • Éviter les engueulades sur le traitement : privilégiez l’encouragement (tableau de suivi, gommettes, petit rituel du matin/soir).
  • Encadrez les autres enfants de la fratrie, pour qu’ils comprennent l’importance de certaines précautions (Pas de peluches dans la chambre du petit frère, pas de taquineries sur l’inhalateur…)
  • Informez les proches (grands-parents, amis, baby-sitter) sur les bons gestes et le plan d’action en cas de crise.

Questions fréquentes sur l’asthme de l’enfant : nos réponses


  • Un enfant asthmatique doit-il arrêter le sport ? Non, la plupart peuvent continuer avec adaptation du traitement si nécessaire. Certaines disciplines (natation, vélo sur terrain plat, danse) sont souvent bien tolérées.
  • L’asthme disparaît-il en grandissant ? Chez certains enfants, l’asthme s’atténue à l’adolescence, mais pas toujours. Un suivi médical régulier est indispensable.
  • Le traitement est-il dangereux sur le long terme ? Les traitements inhalés actuels sont très bien tolérés. Il ne faut jamais les arrêter sans avis médical.
  • Une crise peut-elle survenir sans fièvre ni rhume ? Oui, elles peuvent être déclenchées uniquement par des allergènes, l’effort ou l’air sec/pollué.

Ressources et liens utiles pour bien s’entourer



Pour conclure 


Repérer précocement les symptômes de l’asthme chez l’enfant, connaître les gestes adaptés et sensibiliser toute la famille sont des piliers pour traverser sereinement les épisodes de crises et offrir à son enfant un cadre de vie stimulant et sécurisé. L’échange avec le médecin traitant, la mise en place de routines adaptées et l’entraide familiale font toute la différence. N’hésitez pas à partager vos questions et astuces sur familleheureuse.fr pour enrichir l’expérience de tous les parents concernés.

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