Comment gérer les crises de votre enfant de 18 mois et plus

Cet article reprend la réponse (il est un peu plus détaillée) que j’ai donné à une maman  sur facebook. Sa question était

Qui a eu un enfant de 18 mois qui fait des crises de pleurs et de cris pour tout ? C’est à dire si elle veut une chose et qu’on lui donne pas: une crise, pour changer la couche ou l’habiller des crises, des cris, ça tape ect. Comment gérer?

Certaines mamans sur facebook ont proposé de donner une fessée pour que l’enfant se calme ou encore d’isoler l’enfant et de la laisser pleurer seule jusqu’à ce qu’elle se calme

Ce n’est pas la meilleure des choses à faire, vous vous en doutez. Je ne m’attarderai pas sur la fessée ici, j’y consacrerai un article prochainement.

Ne laissez jamais un enfant pleurer seul, surtout à cet âge là, cela va générer un sentiment d’insécurité chez votre enfant qui sera difficile à rattraper par la suite. Votre enfant a besoin de se sentir en sécurité, et si vous, sa mère n’êtes pas capable de lui offrir cette sécurité, qui le pourra!

Votre enfant est en train de vivre une phase dans son développement, qu’on appelle la “phase d’opposition“. Cela est tout à fait normal chez un bébé de 18 mois. La phase d’opposition peut commencer plus tard, elle dure quelques mois.

Quand votre fille fait une crise, vous la prenez simplement dans vos bras et vous restez câline, même si son comportement vous semble incompréhensible et vous agace.

Votre rôle consistera à:

1- Toujours garder votre calme et restez rassurante et aimante
Pour cela, gardez en tête que votre enfant ne fait pas une crise contre vous, mais parce qu’elle vit des émotions ( frustration, colère, peur… peur que votre non ne s’adresse pas à ce qu’elle fait ou veut, mais à ce qu’elle est, autrement dit, peur que vous ne l’aimiez plus si vous lui dites non!, etc.)
Un bébé de 18 mois ne sait pas gérer ses émotions ( et souvent, des adultes de 40 ans ne le savent pas non plus et entrent dans des colères aussi terribles pour moins que ça!).
Un bébé ne sait pas gérer ses émotions donc, et pour pouvoir se calmer, il a besoin de la présence bienveillante, calme, et aimante de ses parents ou de la personne qui s’occupe de lui ( grand-mère, nourrice, etc.)

2- Déterminer si ce que veut votre enfant est acceptable ou absolument interdit ou impossible.
Il se peut que ce que demande votre enfant soit réalisable et que par habitude, vous lui disiez non. Beaucoup de parents font cela, sans s’en rendre compte: dire non par réflexe, sans se demander si la demande de l’enfant peut être comprise, entendue et acceptée.
Ma fille âgé de 23 mois maintenant, me faisait systématiquement une crise après le change. Les premières fois, je ne comprenais pas sa demande et je me contentais de lui faire un câlin pour la calmer. Mais je constatais qu’elle me poursuivait et pleurait plus fort encore une fois que j’avais mis la couche à la poubelle. Au bout de 3 fois, j’ai fini par comprendre ce qu’elle voulait: participer à son change en faisant une chose qu’elle avait la possibilité de faire: jeter elle-même sa couche dans la poubelle. Et cela, c’est tout à fait acceptable, rien de dangereux, ni d’interdit dans sa demande. Je pouvais donc l’accepter!
Depuis, dès que j’ai fini de lui changer sa couche, j’attends qu’elle se rechausse et je lui tends sa couche sale pour qu’elle puisse elle-même la jeter à la poubelle. Non seulement, elle ne fait plus de crises après le change, mais en plus, cela lui permet de faire quelque chose que les grands font, cela l’autonomise, la responsabilise et lui permet de construire sa confiance en elle.
Les bébés qui pleurent pendant le change ou refusent de se laisser changer ont besoin de quelque chose. Chaque crise de votre enfant est son moyen d’exprimer quelque chose, et non pas un caprice comme beaucoup de parents se l’imaginent.
Les enfants expriment une demande que nous ne sommes pas capables de comprendre, non parce que nos enfants ne savent pas l’exprimer, mais parce que nous ne sommes pas attentifs à ce qu’ils expriment.
Lorsque votre enfant fait une crise pendant ou après le change, soyez attentif à ce qui la déclenche et au moment où la crise est au plus fort afin de comprendre la demande de votre enfant. Ce que votre enfant vous demande, ce n’est pas de rester sale, c’est autre chose et sa demande est sans doute acceptable! Vous vous en rendrez sans doute compte une fois que vous aurez pris la peine de la comprendre.

3- Dans le cas où c’est absolument interdit ou impossible, vous restez ferme sur votre interdit

Deux cas de figure:

a-Vous lui proposez gentiment autre chose à la place de ce qu’elle veut à tout prix
Ex: elle veut à tout prix jouer avec votre portable en le tapant fort par terre. Ce que veut votre enfant, ce n’est pas de casser votre portable, mais jouer et de faire du bruit, cela l’amuse. Vous lui proposez un de ces jouets avec lequel elle peut faire autant de bruit en le tapant par terre. Ne lui arrachez pas le portable, mais prenez le lui gentiment en vous présentant avec un sourire et en lui expliquant que le portable n’est pas un jouet, mais qu’elle peut jouer avec un de ces jouets.

b-Si vous vous trouvez dans une situation où vous ne pouvez pas lui proposez d’alternative immédiatement, vous la prenez dans vos bras et la contenez fermement, mais avec bienveillance, jusqu’à ce qu’elle se calme en lui tenant un discours rassurant et bienveillant dans lequel vous lui expliquez pourquoi elle ne doit pas faire ce qu’elle fait.
Par exemple: “Je sais, tu voulais à tout prix courir toute seule sur la route et maman t’en a empêché parce que c’est très dangereux. Je sais que tu es très en colère de ne pas pouvoir faire ce que tu veux, mais là ce n’est pas possible, c’est bien trop dangereux. Maman/Je t’aime très fort, et elle/je ne veut(X) pas qu’il t’arrive un malheur. Maman est/Je suis  là pour te protéger, pas pour t’embêter tu sais”
Et vous continuez à lui parler et à la contenir avec bienveillance en l’embrassant, même si elle se débat. Une fois qu’elle est hors de danger vous pouvez la poser par terre et lui dire ” Maintenant, tu peux courir autant que tu veux!”.

4- Etre suffisamment prévoyante et ne pas laisser des situations se répéter quand vous savez que dans une situation donnée, votre enfant risque de faire une crise

Exemple: Elle vous fait tout le temps des crises au supermarché pour des biscuits ou autre jouet. Pour éviter les crises, soit vous décidez de la laisser à quelqu’un de confiance pendant que vous faites vos courses, soit vous n’avez pas d’autre choix que de l’emmener, et alors, avant de partir au supermarché, vous lui expliquez qu’elle n’aura droit qu’à tel biscuit, mais à aucun jouet. Vous pouvez encore prendre une autre précaution qui est d’emmener avec vous ses biscuits préférés dans votre sac à main et son jouet préféré ( en pensant à bien à en informer l’agent de sécurité avant d’entrer dans le magasin pour éviter les souçis 😉 )

Autre exemple: elle refuse de s’habiller quand il est l’heure d’aller récupérer son grand frère à l’école et elle vous met terriblement en retard. Vous pouvez l’habiller plus tôt  et la laisser jouer pendant une demie-heure, habillée, avant d’aller chercher le grand frère, et les prochaines fois, vous  essayez d’entendre et de comprendre pourquoi elle se met dans cet état juste à ce moment là. Est-ce qu’elle aimerait pouvoir s’habiller seule? Apprenez lui, quand vous en avez le temps, à enfiler ses habits seule? Est-ce qu’elle aimerait participer au choix de ses vêtements?  Proposez lui 2 pantalons différents s, elle vous indiquera celui qu’elle préfère. Est-ce qu’elle n’aime pas monter dans la poussette quand il faut aller chercher son grand frère et voudrait marcher comme une grande? Si c’est possible, faites-la marcher pendant quelques minutes sur le trajet et elle vous réclamera la poussette quand elle sera fatiguée, etc…

Gardez en tête que l’adulte et celle qui enseigne, c’est vous, et que votre enfant apprend de vous, vous êtes son modèle.
Donc si vous réagissez par les cris ou la violence à ses crises, elle apprend de vous à être plus violente et plus virulente dans ses crises. Par contre, si vous réagissez de façon bienveillante, calme et aimante, elle apprendra à agir de façon plus calme, aimante et bienveillante.

About The Author

Amina Benchakroune

Amina Benchakroune est maman de deux enfants. Auparavant juriste, chercheur en philosophie du droit et en sciences islamiques, elle est aujourd'hui auteur, conférencière et praticienne certifiée en psychothérapie et en coaching. Depuis 10 ans, elle accompagne avec beaucoup de bonheur et de gratitude des parents et des enfants en difficulté, mais également des adultes, jeunes et moins jeunes, pour des problèmes de confiance en soi, d'apprentissage, d’addiction et des états dépressifs. Ancrée dans la spiritualité musulmane, elle a conçue de nouvelles méthodes d'accompagnement et de développement personnel et spirituel, pour rester en accord total avec notre belle religion et accompagner chaque personne à cheminer plus aisément vers Allah SWT ( avec Sa permission) Pour en savoir plus sur Amina, visitez cette page: https://familleheureuse.fr/presentation-amina