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Prévenir et apaiser les coliques du nourrisson

Par Maxime
5 minutes

Comprendre les coliques du nourrisson : un phénomène fréquent et énigmatique


La période des premières semaines de vie d’un bébé est jalonnée de découvertes, mais aussi parfois de préoccupations pour les jeunes parents. Parmi les troubles courants, les coliques du nourrisson figurent en tête des motifs de consultations pédiatriques. Si ce terme désigne des crises de pleurs intenses et répétées, il recouvre une réalité complexe aux origines multiples. Comment reconnaître les coliques, les différencier d’autres maux, et surtout, comment accompagner au mieux votre bébé pendant cette phase ? Cet article vous éclaire, en privilégiant des conseils pratiques, réconfortants et validés par les professionnels.


Reconnaître une crise de colique : quels sont les signes ?


  • Pleurs soudains, intenses et difficiles à calmer, souvent en fin de journée.
  • Bébé replie les jambes sur son ventre, serre les poings et son visage devient rouge.
  • Ballonnements ou gaz, ventre tendu au toucher.
  • Absence de fièvre, de vomissements abondants ou de perte d’appétit évidente.

La règle dite « de Wessel » (ou des « 3 ») aide à identifier les coliques : des pleurs > 3h par jour, sur > 3 jours par semaine, depuis > 3 semaines. Mais chaque bébé peut manifester ces troubles à sa façon. Si les pleurs persistent ou vous inquiètent, parlez-en avec le pédiatre afin d’écarter une cause médicale (reflux, allergie, otite…).


Pourquoi les bébés ont-ils des coliques ?


Le mécanisme exact des coliques n’est pas totalement élucidé, mais plusieurs facteurs sont avancés :


  • Immaturité du système digestif (motricité intestinale encore désorganisée).
  • Avaler de l’air lors des tétées ou biberons.
  • Sensibilité à certains composants alimentaires (rarement intolérance ou allergie vraie).
  • Microbiote intestinal en évolution.
  • Facteurs émotionnels : adaptation à la vie extra-utérine, besoin d’être rassuré.

Les coliques, bien que pénibles, sont transitoires : elles apparaissent généralement vers 2-3 semaines, atteignent leur maximum à 6-8 semaines et s’estompent la plupart du temps à 3-4 mois. Elles ne sont pas le reflet d’une maladie grave ni d’un trouble psychologique parental.


Adopter les bons gestes pour soulager son nourrisson


Créer une routine apaisante


  • Favorisez le calme dans l’environnement familial, tamisez la lumière et limitez les stimulations en période de crise.
  • Installez un rituel rassurant avant le coucher (chanson douce, bercements lents).

Portez et bercer bébé


  • Porter votre nourrisson en écharpe ou en porte-bébé physiologique soulage souvent : la position verticale aide à l’expulsion des gaz et offre chaleur et sécurité.
  • Le balancement, le bercement dans les bras ou dans un transat peuvent aussi rassurer et calmer les spasmes.

Massages et manipulations douces


  • Des massages circulaires sur le ventre (dans le sens des aiguilles d’une montre) favorisent la détente et le transit.
  • Pratiquez la « bicyclette » : fléchir doucement les jambes de bébé sur son ventre, puis les relâcher.
  • Un bain tiède ou une bouillotte tiède (jamais brûlante, bien sécurisée !) sur le ventre apporte parfois du confort.

Veillez à une bonne prise du sein ou du biberon


  • Veillez à ce que bébé bouche bien le sein ou la tétine pour limiter l’air avalé.
  • Faites-lui faire un ou deux « rots » à chaque tétée : parfois en coupant la tétée en deux si bébé semble très agité.
  • Testez différentes positions d’allaitement ou de biberon (semi-assise par exemple).

Prévenir les coliques : astuces et bonnes pratiques du quotidien


Adapter l’alimentation si besoin


  • Pour les bébés allaités, une diversification alimentaire maternelle n’est utile qu’en cas d’antécédents familiaux ou de suspicion d’allergie. Sinon, il n'y a pas de recommandation à restreindre le lait, les produits laitiers, le chou, etc.
  • Chez les bébés nourris au biberon, vérifiez la préparation : respectez toujours la dilution, évitez les changements de lait trop fréquents, et parlez-en avec votre pédiatre avant d’essayer des laits « anti-coliques ».

Il est rarement nécessaire de changer de lait sauf indication médicale, car la majorité des coliques se résolvent d’elles-mêmes.


Favoriser l’expulsion des gaz


  • Proposez régulièrement le rot, même si bébé s’endort.
  • Après les repas, portez-le en position verticale une dizaine de minutes.
  • Le portage en écharpe aide à évacuer plus facilement l’excédent d’air.

Organiser des temps calmes pour détendre bébé… et parents !


  • Accordez-vous des moments de pause, en passant parfois le relais au co-parent ou à un proche, surtout en période de fatigue intense.
  • Rappelez-vous que les coliques ne signifient ni mauvais lait ni mauvaise technique d’allaitement : déculpabilisez-vous, la patience et le temps sont les meilleurs alliés.

Quels traitements et remèdes sont efficaces ?


L’efficacité de la plupart des traitements proposés pour les coliques n’est pas clairement prouvée scientifiquement. L’essentiel demeure le réconfort, la proximité et la patience. Voici néanmoins ce que l’on peut essayer :


  • Probiotiques : Certaines souches (ex : Lactobacillus reuteri) ont montré un intérêt modeste chez les bébés allaités exclusivement. Demandez conseil à votre médecin avant toute supplémentation !
  • Infusions ou remèdes naturels : Jamais sans avis médical. Les tisanes "maison" ou produits à base de plantes ne sont pas adaptés aux nourrissons de moins de 4-6 mois.
  • Médicaments antispasmodiques : Leur utilisation est rarement justifiée et nécessite l’avis impératif du pédiatre.
  • Homéopathie, ostéopathie : Certaines familles témoignent d’un mieux après des séances d’ostéopathie douce (praticiens formés à la pédiatrie). Les études restent cependant limitées sur ce point.

Rappelez-vous : aucun médicament ne fait disparaître magiquement les coliques. L’écoute, la tendresse, des bras rassurants et un environnement serein l’emportent grandement sur tout traitement miracle.


Les coliques du nourrisson : rassurer, comprendre, avancer


La période des coliques met parfois à rude épreuve la patience et la confiance des jeunes parents. Pourtant, il est essentiel de se rappeler :


  • Les coliques n’altèrent pas la santé à long terme : elles disparaissent d’elles-mêmes.
  • Vos gestes de réconfort sont précieux, même lorsque les pleurs persistent.
  • Ne restez jamais isolé : parlez-en avec d’autres parents, demandez du relais à l’entourage, et n’hésitez pas à consulter le professionnel de santé en cas de doute.
  • L’écoute et le soutien parental sont les premières réponses au bien-être de bébé.

Questions fréquentes des parents sur les coliques


  • Dois-je changer le lait de mon bébé si les coliques persistent ?
    Pas sans avis médical. La plupart du temps, le lait n’est pas en cause. Un changement non justifié peut perturber bébé davantage.
  • Les coliques sont-elles le signe d’une intolérance ?
    Rarement. Une allergie digestive s’accompagne en général d’autres signes (rejets, diarrhée, eczéma…). Consultez si vous constatez ces symptômes.
  • Quels signes doivent faire consulter rapidement ?
    Fièvre, vomissements abondants, sang dans les selles, grande pâleur ou somnolence inhabituelle justifient une consultation en urgence.
  • Les coliques peuvent-elles altérer le lien mère-enfant ?
    Non, mais elles peuvent générer épuisement et stress parental. Prendre soin de soi et demander du soutien est donc essentiel.

Ressources utiles & liens pratiques



L’essentiel à retenir pour une parentalité apaisée


Les coliques du nourrisson, bien que difficiles à traverser, font partie du développement de nombreux bébés. Elles ne sont ni la marque d'un problème grave, ni le reflet d'une quelconque incapacité parentale. Patience, routines rassurantes, massages doux et écoute vous aideront à accompagner votre enfant sur ce chemin. Entourez-vous, reposez-vous quand cela est possible et n'hésitez pas à consulter pour être soutenu. Vous offrez par votre présence le plus efficace des remèdes : l’amour et la sécurité.


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